Vendredi 25 mars 2011 5 25 /03 /Mars /2011 19:03

 

Voilà trois mois que Noël est passé ce qui fait que dans 9 mois on fêtera de nouveau Noël…

Il est peut être trop tard pour vous le partager mais tant pis ! J’ai ouvert aujourd’hui mon courrier me souhaitant de joyeuses fêtes de fin d’année ! Après un petit tour au Niger elles ont réussi à revenir à Mont sous Vaudrey ! Que c’est beau !

 

Un Noël en pays musulman.

 

Vous pouvez l’imaginer, fêter Noël au Niger n’a rien à voir avec fêter noël en France. C’est un jour férié mais ça s’arrête même les chrétiens le fêtent discrètement. Ici, sans aucun doute, la fête la plus important reste la Tabaski.

Mais enlevé de ses fioritures, je prends ce Noël autrement comme une invitation à redécouvrir le sens profond de Noël : La naissance de Jésus : Dieu fait homme !

 

A défaut de retrouver la chaleur familiale, nous avons prévu nous retrouver entre coopérants DCC. Ceci sera assez vite fait, car nous sommes trois au Niger ! Alma et Yann, couple de coopérant DCC en poste à Niamey, me rejoignent donc à Dosso.

Et nous saisissons l’occasion de Noël pour nous faire un bon repas. (encore que, en mangeant tous les soirs auprès des pères italiens, je ne vais pas me plaindre de mon régime alimentaire !)

Grâce à notre chargé de mission le foie gras est à l’honneur, grâce aux talents du cuisinier Sylvain nous enchaînerons avec un bon lapin ! Pour le dessert, je me suis amusée à confectionner quelques sablée avec une recette improvisée qui ne se révèlera plutôt pas mal. Alma et Yann ont amené des bonbons en guise de papillotes et du cidre à la place du champagne.

Nous nous délectons de ce repas qui a des airs de festin… de noël !

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La veillée de Noël.

Une fois le repas avalé (plutôt rapidement contrairement à nos réveillons français) nous nous dirigeons vers l’église. La cour est pleine, je n’ai jamais vu autant de monde à la messe ! Avec ces banderoles et ces lumignons ça me fait penser à une soirée du 14 Juillet dans nos petits villages de campagne ! Mais non nous sommes le 24 Décembre et c’est bien Noël que nous allons fêter ! 

 

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Comme dans toute bonne chorale les chanteurs sont censés arrivés en avance ! Mais comme dans toute bonne chorale ( ?) ce n’est pas le cas… et il ne faudrait pas arriver à l’heure non plus, mieux vaut arriver en retard. Le principal est que les chanteurs soient là ! Pour l’occasion la chorale rassemble la quasi totalité de la communauté, puisque l’assemblée est composé en grande majorité d’ « invités »

 

Nos amis musulmans au plein cœur de la fête.

 

Et oui depuis une semaine, avec Andréa nous invitons toutes les personnes que nous croisons dans la rue à venir fêter avec nous Noël. Je suis heureuse de voir dans l’assemblée plusieurs filles du centre, mes collègues musulmans, et les enfants des rues venus voir pourquoi il y avait de la lumière: une belle image de l’église qui se veut ouverte au monde, un beau partage de foi entre amis musulmans et chrétiens, une belle communion remplie d’espérance!

Petite anecdote qui m’a fait sourire, les musulmans ont l’habitude de s’excuser avant chaque grande fête. Le vendredi 24 une des animatrices me dit : « Madame Blandine, je voulais m’excuser pour tout le mal qu’on vous a fait, pour celui que vous connaissez et celui que vous ne connaissez pas… et il y en a beaucoup ! » gloups ! Comment le prendre ? Avec le sourire bien sûr sans se poser la question de ce que peux bien être ce qu’on connaît pas (vous me suivez ???) Et je trouve ça chouette de faire une démarche de pardon pour être  pleinement présent à la fête.

 

Une crèche vivante.

Une crèche vivante se met en place, un bébé de trois semaines prend le rôle de Jésus. Le Père Andréa passe vers chacun de nous en présentant l’enfant et en disant : «  Voici ton sauveur », ce sont dans des gestes simples que peut parfois passer un message fort. 

Les enfants apportent en offrande des paniers remplie de … savon !!! Malheureusement je n’aurais pas eu le temps ni l’occasion d’éclaircir ce point là. Pourquoi du savon ? et pourquoi pas !

 

Une fête dans toute sa dimension.

 

Cette messe sera aussi l’occasion de célébrer le baptême d’un jeune adulte. Une grande fête pour la petite communauté chrétienne que nous sommes ! Pour signifier cela, 3 chants sont prévus pour l’action de grâce ! Je trouvais que ça faisait beaucoup mais que nenni ! On en chantera au moins 7 en dansant autour de l’autel ! Là il n’y a plus de doute possible, je suis en Afrique et Noël est une vraie fête

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Pour continuer la fête, la célébration se termine par un pot de l’amitié avec du bissap (jus de fleur d’hibiscus) et des beignets ! ça remplace le vin chaud !

 

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Dosso By Night

Comme à la fin de chaque fête, chacun doit rentrer chez soi. Andréa propose de faire le taxi et nous propose de l’accompagner, c’est parti pour un tour de Dosso By Night !

Nous montons sur le pick up ! Nous sommes une bonne quinzaine dans la voiture ! Sur la plateforme, avec les cheveux dans le vent en filant sur les pistes de Dosso, nous sommes pris par un réel sentiment de bonheur et de liberté !!! C’est géant ! Avec Alma on improvise un petit Brigitte Bardot ! On n’est pas en Harley Davidson mais c’est tout comme…

 

Il est plus d’une heure du matin quand nous rentrons. Le cœur plein de joie, le sourire au lèvre. C’est Noël ! Il fait chaud, on est loin de nos familles et pourtant aucun de nous ne regrette d’être là !

 

Le 25

Le lendemain, grâce à la magie d’internet nous pouvons faire un petit coucou en France pour être d’une façon ou d’une autre en famille

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Nous nous faisons un autre petit repas bien français, un bon gratin de pommes de terres avec des lardons et un bon fondant au chocolat ! C’est fou comme on peut apprécier un plat « ordinaire »  quand on ne l’a pas manger depuis longtemps ! 

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Et puis en ce 25 décembre nous reprenons la route pour Niamey car le 26 nous prenons très tôt la route pour le Burkina ! Nous terminons donc notre journée dans un petit bus bondé ; coincé entre une mama africaine et un homme qui décide de prendre ses aises. C’est ça aussi la vie à l’africaine !

 

Le 25 au soir c’est donc  le cœur joyeux que nous nous endormons plus riche de ce noël différent.

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Samedi 29 janvier 2011 6 29 /01 /Jan /2011 11:56

Vous les avez attendus depuis longtemps voilà enfin les derniers articles des derniers temps passés à Dosso…

 

Noël au Niger : pas de rues illuminées, pas de sapins, pas de chants de Noël dans les haut-parleurs… est-ce pour ça qu’il ne faut pas vivre la fête entièrement ?

Ici, les femmes accordent un soin particulier à se faire belle pour les fêtes qui rythment l’année. Alors je prends exemple sur elle et c’est parti pour être presque une Nigérienne.

 

Les Tchadiens :

C’est le mot en Zarma pour le henné. Ici à chaque fête les mains et les pieds des femmes se transforment en véritable œuvre d’art.

Ce sera la sœur de Fati : Hawa qui sera préposé à m’embellir. Le rendez-vous est pris pour le mercredi après midi.

Fati arrive avec Hawa et leurs deux petites filles (dont ma copine Roumana) et Jamila une amie à Fati.

L’ambiance est bon enfant. Hawa prépare le henné… et c’est parti…

Je suis impressionnée par la précision de ces gestes et sa créativité, sans aucun modèle la voilà partie à me dessiner sur les mains.

Le henné forme comme une pâte, il faut la laisser sécher, Fati assure alors la ventilation pour que ça sèche plus vite.

Ensuite il faut passer sous l’eau, pour enlever « la croûte du henné», on a l’impression que tout part avec mais ce n’est qu’une impression.

 

Après les mains, comme c’est jour de fête on passe aux pieds…

 

En tout cas ça change !

 

Entre les pieds et les mains, petite pause goûter. Réflexion de Jamila quand je leur offre à boire et quelques gâteaux à manger : «  C’est bizarre Madame, vous n’êtes pas comme les autres blancs, on a l’impression que vous êtes gentille. »

Remarque qui interpelle… qu’elle est l’image du Blanc qu’on peut donner…

 

Mercredi après midi après deux bonnes heures de créations voilà à quoi je ressemble. Première étape OK !

 

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Un complet

J’avais essayé de prévoir un peu le coup. Pour la messe de Noël je souhaitais être en tenue nigérienne. C’est Janette qui m’offre ses services. Alors ce jeudi ce sont les derniers essayages !

Janette m’a rajouté 5 bons centimètres de chaque coté des hanches… ici ça peut être un compliment d’être vu plus grosse que l’on est mais je suis encore bien française et cette petite attention ne me flatte pas vraiment …

Je trouve mes formes assez généreuses pas la peine d’en rajouter mais quelques coups de ciseaux et des pédales ( de machine) plus tard c’est ajusté !

Les filles sont toutes heureuses que je m’habille enfin comme elle ! Je me fais applaudir dans chaque classe avec des Wouah Madame c’est très joli ! 

 

Des tresses

Etre en Afrique sans faire au moins une fois des tresses, est-ce possible ???

Mes cheveux courts devenant assez longs c’est possible…

Surtout qu’avec quelques rajouts j’ai une vraie chevelure de rousse aux cheveux longs !

C’est Fati « respon » 2ème année (déléguée de classe si vous préférez) qui s’attèle à cette tache là !

On le fait le vendredi matin devant le film en zarma retraçant la vie de Jésus. Devant ce film j’ai l’impression de maîtriser le zarma parfaitement… à moins que je connaisse plutôt bien la vie de Jésus…

 

Fati tire sur mes cheveux mais les souffrances sont moins importantes que dans mes souvenirs lorsque ma cousine me tressait… Ai-je la tête plus dure que dans mes années adolescentes ???

 

Avec les tresses et le henné les filles n’en reviennent pas de ma transformation, c’est sur que ça change de mon habituel pantalon tee-shirt et cheveux au vent.

 

Voilà le résultat final avec Alma…

 

 

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La beauté est éphémère

Mon embellissement africain ne sera que de courte durée… Au bout de 10 jours les nattes se défont et mes cheveux se montrent plus rebelles.

En 10 jours les tchadiens ne sont plus qu’un bon souvenir… quelques traces sur mes ongles… et mes poils me rappellent que j’ai eu les mains décorées et j’avoue que je me passerais de ces poils noirs qui semblent me narguer sur mes avant-bras.

 

 

Il ne faut pas oublier que ce changement est du à Noël… Un Noël bien différent..

 

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Mercredi 12 janvier 2011 3 12 /01 /Jan /2011 18:39

Je sais que depuis samedi beaucoup d'entre vous attendent des nouvelles en voici...

 

Comme un goût d'inachevé... voilà ce qui me vient en écrivant cet article. Suite à l’enlèvement et la mort des deux français à Niamey, la DCC me demande de rentrer. Je ne souhaite pas ici discuter cette décision même si j’ai un peu de mal à l’accepter, je la comprends.

 

Je ne raconterai pas non plus ici les évènements, vous les connaissez aussi bien que moi...

 A l’occasion de nos rencontres je vous partagerai ce que j’ai vécu mais je ne souhaite pas le transcrire sur ce blog merci de le respecter.

 

Je voulais simplement vous partager mon sentiment, mes impressions face à un départ précipité, imprévu.

 

1h30 pour faire mes adieux et mes valises

 

J’avais quitté Dosso pour Niamey le jeudi 6 janvier pour venir voir le dentiste. Ce n’était pas vraiment prévu au programme mais quand il est difficile d’attendre quand les dents commencent à faire bien mal.

J’étais à peine revenue de vacances qu’il fallait déjà repartir sur Niamey, je pensais revenir à Dosso dès le samedi, les évènements font que je suis toujours dans la capitale.

 

Ce matin j’ai eu l’occasion de faire un aller-retour à Dosso. En 1H30 j’ai dû faire mes valises et mes au revoir au centre.

Au revoir, car mon chargé de mission DCC me dit qu’un retour pourrait être envisageable selon l’évolution de la situation. Je ne fais pas beaucoup d’illusions sur cette possibilité, alors mes au revoirs ressemblaient plutôt à des adieux.

 

Comment faire pleurer 80 + 1 filles ?

 

Je n’avais que quelques minutes pour annoncer aux filles que je partais et pour leur dire au revoir. En arrivant toutes étaient heureuses de me voir arriver. Moi j’avais la gorge serrée en me disant que c’était la dernière fois que je les voyais et à cause de l’émotion ce n’est pas des mots qui sont sortis mais mes larmes. J’ai commencé le Niger par des larmes je le termine avec d’autres larmes.  Je pourrais reprendre la célèbre réplique de « Bienvenue chez les ch’tis » : « Le Niger tu pleures deux fois, quand tu arrives et quand tu repars. ».

Mais là les filles m’accompagnaient dans les pleurs, au fur et à mesure qu’elles comprenaient la situation je voyais leurs yeux s’embuer ce qui n’aidait pas mes larmes à sécher.. Quelque chose de fort s’était tisser, timidement, doucement mais sûrement.

J’étais parti jeudi dernier pour une rage de dent…et je reviens ce mercredi pour leur dire que je m’en vais. Comment ne pas avoir un goût d’amertume ? Un goût d’inachevé ?

 

Un goût d’inachevé.

 

Les premiers temps au Niger ont été difficiles, ce n’est pas le pays que je rêvais pour ma coopé. Il faut du temps pour pouvoir faire son trou et tisser des liens. Au bout de 4 mois, j’étais bien dans ce pays, dans cette ville, j’y avais mes repères, mes projets pour l’année qui venait. J’avais arrêté d’envier les Français qui rentraient en France, j’étais heureuse pour eux mais moi j’étais bien là où j’étais. J’ai la désagréable sensation d’être stoppée en plein élan après un temps d’accélération que je trouvais long.

 

Un goût d’inachevé car j’avais pris mes marques au centre et que les activités étaient toutes installées et fonctionnaient plutôt bien. Certains projets prenaient forme et laissaient présager de beaux moments. Je connaissais quasiment chaque fille par son prénom, les liens tissés se renforçaient, les confidences et les affinités commençaient à naître. Je me disais que j’avais bien fait de persévérer dans les moments difficiles car le jeu en valait bien la chandelle.

 

Un goût d’inachevé car j’aurais voulu apporter un peu plus aux filles, et au centre… les évènements ne m’auront pas permis d’aller au bout des projets.

 

Un goût d’inachevé car mes projets tombent à l’eau, que je n’ai pas pu tout voir de ce que je souhaitais voir au Niger, je n’aurai pas vu les girafes de Kouré !!! ;) et parce que je me faisais une joie d’accueillir des amis au mois de février…

 

Un goût amer car du jour au lendemain je dois m’imaginer en France et non plus au Niger.

 

Un goût d’inachevé car ce départ en coopé je l’espérais depuis longtemps, c’était un projet qui me tenait vraiment à cœur… et voilà que  ma mission qui devait durer minimum 12 mois aura duré seulement 4 mois.

 

Face à tout cela, ne m’en voulez pas si l’enthousiasme des retrouvailles n’est pas celui attendu. Il en aurait été tout autre dans 7 mois.

 

Une note de positif :

 

Il est un peu tôt pour faire le bilan de ses 4 mois, mais je sais déjà qu’ils auront marqué ma vie à jamais.

Je garderai dans mon cœur, Jamila, Janette, Roukeya, Hawa, Fati, Zainabou, Hamina, Mariama, Maria et toutes les autres.... Je me souviendrai pendant longtemps de leurs sourires, de leurs fous-rires, de leurs excuses pour ne pas faire de sport, de leur argumentation face à une sanction. Je crois qu’elles ont ouvert mon cœur un peu plus grand

 

J’aurais appris beaucoup de choses sur moi. Mes limites et mes défauts m’auront frappé en pleine face dans les premiers temps et peut-être bien qu’en avançant j’aie vu quelques qualités, quelques forces.

 

J’aurais fait la connaissance de gens très bien que je suis triste de quitter.

 

Ces quelques mois m’auront beaucoup apportés, ce que j’ai vécu dans les bons et les mauvais moments sont très riches et ça personne ne me l’enlèvera…

 

Et puis, je vais pouvoir revoir Margaux ma filleule, et ma famille. Je vais pouvoir vous revoir. Je vais peut être assister à des mariages que je pensais louper, faire la connaissance de petits bouts plus rapidement que prévus. Peut être même j’aurais l’occasion de manger une part de galette des rois… et je vais retrouver avec bonheur le comté et le savagnin… à bon entendeur…

 

Merci en tout cas pour tous vos messages de soutien et d’encouragement et j’espère que prochainement je pourrai vous faire partager une autre aventure.

 

Kala Tonton

 

Blandine

 

PS : même si je quitte le Niger, je pense vous partager encore deux articles... ça ne sera pas très chronologique mais je suis sure que vous comprendrez...

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Dimanche 19 décembre 2010 7 19 /12 /Déc /2010 14:51

Parfois il faut savoir saisir les opportunités qui s’offrent à nous, c’est ce que nous avons fait avec Alma ce 11 décembre.

Grâce aux filles de Clair Logis, je rencontre Donatien un ancien volontaire DCC qui travaille désormais à Niamey. Le hasard faisant bien les choses, il rentre 4 jours plus tard rejoindre femme et enfants dans le Jura : le monde est décidément bien petit !

 

Tout d’abord, avec Alma, il nous invite pour un petit repas bien sympathique. Un sapin en plastique dans le coin de la terrasse nous rappelle que Noël arrive à grand pas malgré nos débardeurs et nos sandalettes de rigueur ici.

 

A la fin du repos, il nous propose de le suivre pour l’après-midi, n’ayant aucune obligation sauf celle de se faire plaisir nous le suivons !

Un de ses amis français, organise la visite d’un village à 20 km de Niamey. Pascal (l’ami en question) aide financièrement le village sur différents projets ; notamment au niveau de l’école et la reconstruction des maisons qui ont été abîmées par les inondations cet été.

 

Nous voilà partis pour quelques kilomètres de route puis de piste. Arrivés à destination nous comprenons que nous devons prendre les pirogues pour aller saluer les villageois et mieux vaut parfois écoper pour ne pas couler… jugez-en par vous-même.

 

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Tout est une question d’équilibre :

Pour monter dans les pirogues il faut faire attention à répartir uniformément le poids des participants. Il est également conseillé de trouver un certain équilibre avec ses fesses pour ne pas faire tanguer le précieux moyen de locomotion, enfin cette question d’équilibre concerne principalement ceux et celles qui comme moi, entretiennent leurs courbes.

 

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Bonne Arrivée : 1er Acte.

 

Nous n’avons parcouru que la moitié de notre trajet que les enfants du village nous chantent « Bonne Arrivée ! Bonne arrivée ! ». Nous entendons le chant rythmé avant même de les apercevoir.

Arrivée à bon port, l’accueil est sensationnel. Avec Alma nous apprécions ce moment car depuis que nous sommes au Niger nous n’avons pas eu l’occasion de vivre un tel accueil. Pour l’instant nous avons connu des accueils discrets et plutôt réservés.

 

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Après les enfants, nous sommes accueillis par les officiels. Une dizaine d’hommes nous attendent en rang. La quarantaine de Français que nous sommes se met en file indienne pour les saluer, telle une équipe de foot ou de rugby. Il faut être plutôt polyvalent : avec un il faut parler zarma avec l’autre français, mais après quelques mois ici les salutations d’usage ressemblent à un jeu d’enfants.

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L’accueil se fait dans le moindre détail car en étant attentif, on remarque qu’au sol, les enfants ont écrit : « bienvenue à Gala Kaïna »

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Et c’est reparti pour le tour en pirogue.

Nous avons à peine le temps de vivre l’accueil, qu’il faut repartir en pirogue pour une ballade prévue de l’autre côté du fleuve. Ce trajet sera beaucoup plus long et donnera l’occasion à certains d’avoir le mal de mer. Ayant trouvé mon équilibre fessier, j’apprécie le calme et l’ambiance bonne enfant qui règne dans le groupe. Le paysage est magnifique et j’en prends plein les yeux, je goûte ce moment pour tous ceux qui se trouvent dans le froid à quelques milliers  de kilomètres de là.

 

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Le fleuve Niger est plutôt agréable même pour les vaches du coin qui ont l’air d’apprécier un bain de temps en temps. A certains instants nous avons l’impression d’être au milieu d'une rizière mais ce n’est qu’une impression. Et les nénuphars ajoutent quelques chose de romantique au paysage.

 

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Le cadre est idyllique et c’est à ce moment que j’apprends le décès d’Issa (voir article précédent). Je me dis alors que je suis en plein dans la réalité africaine parfois contrastée. Des paysages magnifiques, des gens souriants et pleins de vie, côtoyant une grande misère, un manque d’infrastructures et où l’on peut mourir d’une appendicite mal soignée.

 

De l’autre côté du fleuve.

 

Un paysage encore bien différent nous attend mais c'est toujours aussi beau. On fait une bonne heure de marche dans les rochers et je suis épatée par la diversité des coins traversés en si peu de temps.

Je suis chaussée de sandalettes ( je n’avais pas prévu qu’on crapahuterait comme ça, c’est ça aussi saisir les opportunités.) et ce n’est pas le top ! Mais je me concentre et personne n’aura la chance d’admirer ma chorégraphie de « la chute » et ainsi me voir les quatre fers en l’air !

 

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Bonne Arrivée Bonne Arrivée : 2ème acte

 

Les enfants sont encore à nous attendre mais pour varier les plaisirs, ils sont accompagnés par les tambours. Les enfants se mettent alors à danser les uns avec les autres puis les uns après les autres, encouragés par nos applaudissements le spectacle dure et nous enthousiasme tous, ainsi une belle épidémie de joie de vivre se transmet.

 

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Les villageois nous invitent ensuite à nous balader dans le village. Avec Alma on achète un bâton de canne à sucre, c’est bon mais pas forcément pratique à manger. Les villageois sont très souriants et accueillants. Notre « zarmatage » a l’air de plaire, en tout cas ils en rigolent.

 

Une chanson et un discours : une façon de dire merci…

Pascal a ensuite droit à une chanson par les enfants du village pour le remercier de l’aide qu’il apporte. Ensuite, un jeune fait un discours pour remercier et pour suggérer d’autres domaines oùl’aide serait bienvenue.

 

Certains resteront pour partager le méchoui, mais pour nous l’heure du départ a sonné. Nous reprenons les pirogues sous le soleil couchant et terminons ainsi d'une belle manière cette très belle journée.

 

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Kala tonton..

 

PS : mon seul regret pour cette journée ne pas avoir pris mon appareil photo, donc celles que vous admirées sont l'oeuvre d'Alma : Merci Alma !

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Mardi 14 décembre 2010 2 14 /12 /Déc /2010 19:44

Cet article sera moins joyeux que les précédents, mais il reflète la vie ici et la vie est faite de joies et de peines parfois intimement liées. Je voulais vous partager les évènements de la semaine passée qui reflètent malheureusement une réalité de Dosso.

 

Fati.

Issa est le fils de Fati, 27 ans, une jeune du centre avec qui j’ai vite sympathisé, j’ai tout de suite aimé sa simplicité, sa joie de vivre et l’accueil qu’elle m’a réservé. C’est la maman de Rouména dont je vous ai parlé à plusieurs reprises.

 

Il y a de ça 3 ans, Fati découvre qu’elle est atteinte de drépanocytose, une maladie du sang bien connu en Afrique, qui est une malformation des globules rouges.

Une des conséquences de la maladie fait que Fati boîte. Sa hanche est en quelque sorte rongée par la maladie.

Fati est alors mariée, a deux enfants et attend le 3ème : Rouména. Quand son mari se rend compte qu’elle boîte, il l’a répudie purement simplement. Elle retourne vivre chez ses parents. Elle est alors enceinte et séparée de 140 kilomètres avec ses 2 aînés.

Les histoires de ce genre sont malheureusement fréquentes au Niger.

 

Malgré tout, Fati retrouve du courage et s’inscrit au centre où elle fait preuve de beaucoup de volonté.

 

Mercredi :

Mercredi dernier, en sortant de chez moi je croise Fati dans la cour. Elle est en larmes et tient Issa son petit garçon dans les bras. Je ne comprends pas tout ce qu’elle m’explique. Je comprends qu’Issa a été hospitalisé à Doutchi (ou il vit avec son papa) il y a de ça trois semaines pour des maux de ventre, comme son état ne s’améliore pas les médecins l’ont envoyé à Dosso. Le petit est tout maigre et semble vraisemblablement souffrir. Il sera hospitalisé dans la journée.

 

Un médecin pour 100 enfants.

Il est de coutume, ici, d’aller visiter une personne quand elle est malade. Profitant de la pause, avec les animatrices et Andréa, nous allons rendre visite à Issa et Fati. C’est pour moi l’occasion de découvrir l’hôpital. Nous nous rendons en pédiatrie. Dans chaque chambre il y a 4 lits et par lit 3 enfants. Visiblement beaucoup d’entre eux sont dénutris. L’endroit n’est pas très propre, les infirmières semblent complètement surchargées. Elles ont des gants mais n’en changent pas entre les patients ou les différentes interventions…

Le père Andréa demande à voir le médecin. Le fait d’être un homme blanc joue sûrement en sa faveur. Issa est là depuis plus de 24h mais le médecin ne l’a toujours pas examiné.

Une femme médecin arrive enfin et nous explique qu’elle est la seule pour les 100 enfants qui sont hospitalisés et qu’elle n’a pas le temps pour voir tout le monde. Elle promet de repasser un peu plus tard dans la matinée.

Issa ne peut plus manger et vomit tout ce qu’il avale mais aucune perfusion ne lui est prescrite. Il a eu une perfusion de sang car il a une forte anémie. Quand on voit l’état de son bras, l’infirmière a dû avoir du mal à le piquer, en plus d’avoir mal au ventre il a visiblement une inflammation de la veine.

 

Les larmes d’Issa

Quand Issa comprend que nous devons repartir, il se met à pleurer et à appeler Andréa « Mon père, Mon père ! » et à lui demander de rester. Il y a un jour il ne le connaissait pas mais la présence d’Andréa l’apaise. Andréa lui promet de revenir, il le fera et passera beaucoup de temps à ses cotés les jours suivants.

 

Samedi :

Je suis partie en we à Niamey, le programme est chargé et plein des joies de l'Afrique.

Je suis sur une pirogue sur le fleuve Niger dans un cadre somptueux quand Andréa m’envoie un message pour m’annoncer le décès d’Issa. Le contraste entre le cadre et la nouvelle est rude mais à la fois tellement représentatif de l’Afrique.

 

Issa est décédé dans l’après-midi juste avant d’être opéré. On suppose qu’il avait une péritonite. Trois semaines qu’il souffrait pour une appendicite qui s’aggrave. Son mal est tellement bénin en Europe !

 

Andréa me dira qu’il a beaucoup souffert et que c’est lui qui a su quand il allait partir. Il a demandé à Andréa de le laver pour être propre pour le « passage ».

Issa était musulman, comme le veut la tradition il sera enterré avant la tombée du jour.

 

Dimanche

En rentrant de Niamey je vais voir Fati lui porter mes condoléances. Dans la concession la vie ne semble pas s’être arrêtée. Les enfants jouent, rient, la vie continue.

Fati a déjà retrouvé son sourire même si les yeux sont toujours embués de larmes.

« Inch’Allah », si Dieu le veut. Cette expression m’agace souvent ici, mais là, elle semble panser les plaies.

 

Voilà l’histoire d’Issa. Il avait 7 ans.

 

 

 

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